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Sur la table basse

Souveraineté numérique : Au-delà des infrastructures, l’enjeu de la maîtrise des données

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Article publié sur le site du CRSI – Lire l'article complet

Cet article explore les défis de la souveraineté numérique en France, avec un focus sur la maîtrise des données comme levier stratégique pour les organisations. Il aborde notamment :

  • Les enjeux géopolitiques et réglementaires de la souveraineté numérique.
  • Le rôle des acteurs publics et privés dans la sécurisation des données.
  • Les bonnes pratiques pour renforcer l'autonomie numérique des entreprises et des institutions.

Pour aller plus loin : Consultez l'article sur le site du CRSI.

© Isabelle Gonthier – CRSI, 2026

Pourquoi la gouvernance des données est cruciale en 2026

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"Gouverner, c'est prévoir" — Émile de Girardin

Introduction

En 2026, la gouvernance des données n'est plus une option, mais une nécessité stratégique. Avec l'explosion de l'IA générative et la multiplication des fuites de données, les organisations doivent repenser leur approche pour éviter les risques juridiques, financiers et réputationnels.

1. L'essor de l'IA et le risque du "Shadow AI"

L'intelligence artificielle s'est démocratisée à une vitesse fulgurante, souvent sans cadre clair. Les collaborateurs utilisent des outils d'IA générative (comme les chatbots ou les modèles de traitement de données) sans supervision, exposant les organisations à des risques majeurs :

  • Fuites de données sensibles : Les prompts saisis dans des outils externes peuvent contenir des informations confidentielles (données clients, propriété intellectuelle, etc.).
  • Non-conformité RGPD : L'utilisation non contrôlée d'outils d'IA peut violer les réglementations sur la protection des données.
  • Perte de maîtrise des données : Les données partagées avec des modèles externes échappent au contrôle de l'organisation.

Ce phénomène, appelé "Shadow AI" (par analogie au "Shadow IT"), représente un défi majeur pour les DSI et les responsables de la sécurité.

2. Les fuites de données à répétition : un risque systémique

Les fuites de données ne sont plus des incidents isolés, mais une menace récurrente. En 2025, plus de 60 % des organisations ont subi au moins une fuite de données, souvent liée à :

  • Des erreurs humaines : Partage accidentel de données, mauvaise configuration des accès, etc.
  • Des attaques ciblées : Phishing, ransomware, ou exploitation de vulnérabilités logicielles.
  • Des tiers non sécurisés : Sous-traitants, partenaires ou fournisseurs dont les systèmes sont compromis.

Ces fuites ont des conséquences directes : amendes RGPD (jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires mondial), perte de confiance des clients, et atteinte à la réputation.

3. Gouverner les données : une réponse structurante

Face à ces enjeux, la gouvernance des données offre un cadre structuré pour :

  1. Comprendre : Identifier les données critiques, leurs flux, et leurs utilisateurs.
  2. Protéger : Mettre en place des mesures de sécurité adaptées (chiffrement, contrôle d'accès, etc.).
  3. Contrôler : Superviser l'utilisation des outils d'IA et des données sensibles.
  4. Se conformer : Respecter les réglementations (RGPD, NIS2, etc.) et éviter les sanctions.

Une gouvernance efficace repose sur trois piliers :

  • La transparence : Savoir où sont stockées les données et comment elles sont utilisées.
  • La responsabilité : Désigner des responsables (DPO, RSSI) et des processus clairs.
  • L'agilité : Adapter la gouvernance aux évolutions technologiques (IA, cloud, etc.).

4. Cas pratiques : comment agir en 2026 ?

Voici des actions concrètes pour renforcer la gouvernance des données :

  1. Audit des outils d'IA : Identifier et encadrer les outils d'IA utilisés en interne.
  2. Sensibilisation des collaborateurs : Former les équipes aux risques liés à l'IA et aux fuites de données.
  3. Politiques de classification des données : Classer les données par niveau de sensibilité et appliquer des mesures de protection adaptées.
  4. Surveillance continue : Utiliser des outils de détection des fuites (DLP) et d'audit des accès.

Conclusion

En 2026, la gouvernance des données est un impératif pour les organisations. Face à l'essor de l'IA et à la multiplication des fuites, elle permet de comprendre, protéger et maîtriser ses actifs les plus précieux. Comme le disait Émile de Girardin : "Gouverner, c'est prévoir" — et en 2026, gouverner ses données, c'est aussi survivre.

© IGO Conseil - 04/26

EBIOS Risk Manager : Retour d'expérience

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De l'intérêt d'une approche complémentaire avec ISO 27001

Introduction

Dans un paysage numérique en constante évolution, où les cybermenaces se multiplient et les exigences réglementaires se renforcent, les organisations doivent adopter des méthodologies robustes pour gérer leurs risques.

Si EBIOS RM est une méthodologie française, développée par l'ANSSI, pour une analyse fine des risques, ISO 27001 est une norme internationale qui structure un système de management de la sécurité de l'information (SMSI). Mais plutôt que de les opposer, comment les combiner pour en tirer le meilleur parti ?

1. EBIOS Risk Manager : Une méthodologie agile et contextuelle

EBIOS RM est une méthode pratique et itérative, conçue pour répondre aux besoins spécifiques des organisations, en particulier dans le secteur public ou les infrastructures critiques.

Une approche centrée sur le contexte : EBIOS RM commence par une analyse approfondie du contexte de l'organisation, de ses enjeux métiers et de son environnement. Cette étape permet d'identifier les actifs critiques, les menaces pertinentes et les scénarios de risque les plus probables.

Une gestion des risques par scénarios : Contrairement à des approches purement théoriques, EBIOS RM se base sur des scénarios concrets (ex : fuite de données, attaque par ransomware, panne majeure).

2. ISO 27001 : Un cadre normatif pour une sécurité pérenne

ISO 27001 est une norme internationale qui définit les exigences pour mettre en place un Système de Management de la Sécurité de l'Information (SMSI).

Une approche systémique : ISO 27001 impose une démarche structurée, incluant une politique de sécurité, une analyse des risques, un traitement des risques, et une amélioration continue.

3. Les synergies entre EBIOS RM et ISO 27001

Plutôt que de choisir entre les deux, les combiner permet de tirer parti des forces de chaque approche.

  • EBIOS RM alimente l'analyse des risques d'ISO 27001 : Les scénarios identifiés avec EBIOS RM peuvent être intégrés dans le registre des risques du SMSI.
  • ISO 27001 pérennise les résultats d'EBIOS RM : La norme permet de structurer et de suivre en continu les mesures identifiées.
  • Adhésion des métiers : EBIOS RM implique les équipes métiers dans une démarche collaborative, tandis qu'ISO 27001 apporte une reconnaissance externe.

4. Retour d'expérience concret

Dans le cadre d'un projet, les deux approches peuvent être combinées avec succès :

  • Étape 1 : Analyse des risques avec EBIOS RM (ateliers collaboratifs, cartographie des risques).
  • Étape 2 : Intégration dans ISO 27001 (documentation, contrôles, certification).

Résultats : Gain de temps, adhésion des métiers, reconnaissance externe.

5. Recommandations

Pour les PME : Commencez par EBIOS RM pour identifier vos risques prioritaires, puis utilisez ISO 27001 comme feuille de route.

Pour les grandes organisations : Intégrez EBIOS RM dans votre SMSI existant pour enrichir votre analyse des risques.

6. Points de convergence entre EBIOS RM et ISO 27001

Les deux approches, bien que distinctes, partagent des objectifs communs qui permettent de les combiner efficacement :

  • Alignement sur les bonnes pratiques : EBIOS RM et ISO 27001 s’appuient sur des référentiels reconnus (ANSSI pour EBIOS RM, ISO pour la norme 27001). Leur complémentarité permet de couvrir à la fois les besoins opérationnels et les exigences normatives.
  • Gestion des risques : Les deux méthodologies placent la gestion des risques au cœur de leur démarche. EBIOS RM offre une approche pragmatique, tandis qu’ISO 27001 apporte un cadre structuré.
  • Amélioration continue : ISO 27001 impose une démarche d’amélioration continue (PDCA), qui peut être enrichie par les retours d’expérience issus des ateliers EBIOS RM.

7. Comment articuler les deux méthodologies ?

Pour tirer pleinement parti des deux approches, voici une démarche type :

Phase 1 : Analyse des risques avec EBIOS RM
  • Identifier les actifs critiques et les scénarios de risque spécifiques à l’organisation.
  • Impliquer les métiers dans des ateliers collaboratifs pour une vision transversale.
Phase 2 : Intégration dans le SMSI (ISO 27001)
  • Cartographier les risques identifiés avec EBIOS RM dans le registre des risques du SMSI.
  • Prioriser les mesures de traitement en fonction des enjeux métiers et des exigences réglementaires.
  • Documenter les processus et les contrôles associés.
Phase 3 : Suivi et amélioration
  • Utiliser les indicateurs de performance d’ISO 27001 pour mesurer l’efficacité des mesures.
  • Réévaluer régulièrement les risques avec EBIOS RM pour adapter le SMSI.

8. Avantages de cette combinaison

Combiner EBIOS RM et ISO 27001 offre plusieurs avantages :

  • Approche hybride : Vision opérationnelle et contextuelle avec EBIOS RM, reconnaissance internationale avec ISO 27001.
  • Flexibilité : Adaptation du niveau de formalisme selon les besoins.
  • Adhésion des parties prenantes : Implication des métiers avec EBIOS RM, rassurer la direction avec ISO 27001.

9. Limites et précautions

Certaines limites doivent être prises en compte :

  • Charge de travail : Investissement initial important en temps et en ressources.
  • Complexité : Pour les petites structures, commencer par EBIOS RM peut être plus adapté.
  • Maintenance : Les deux méthodologies nécessitent une mise à jour régulière.

Conclusion

EBIOS Risk Manager et ISO 27001 ne sont pas concurrents, mais complémentaires. En les associant, les organisations bénéficient d’une analyse fine et contextuelle des risques (EBIOS RM) et d’un cadre normatif reconnu pour structurer leur démarche de sécurité (ISO 27001). Cette combinaison permet de réconcilier les besoins opérationnels et les exigences de conformité.

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La cybersécurité pour les PME : Par où commencer ?

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"La sécurité, c'est comme un parapluie : on n'en voit l'utilité que quand il pleut."

Introduction

Les PME sont souvent perçues comme moins exposées aux cybermenaces que les grandes entreprises. Pourtant, elles représentent 43 % des cibles des cyberattaques en France (source : ANSSI, 2025). Leur taille et leurs ressources limitées en font des proies faciles pour les cybercriminels. Alors, par où commencer pour se protéger efficacement ?

1. Comprendre les risques spécifiques aux PME

Les PME sont vulnérables à plusieurs types de menaces, souvent liées à :

  • Le manque de sensibilisation : Les collaborateurs ne sont pas toujours formés aux bonnes pratiques (ex : identification des emails de phishing).
  • Les ressources limitées : Budget et expertise internes souvent insuffisants pour mettre en place des solutions robustes.
  • La dépendance aux tiers : Les sous-traitants, prestataires cloud ou fournisseurs peuvent être des maillons faibles.
  • L’absence de plan de réponse : Beaucoup de PME n’ont pas de procédure en cas d’incident.

2. Les 5 étapes clés pour bien démarrer

Voici une feuille de route simple et efficace pour les PME :

  1. Sensibiliser les équipes

    Former les collaborateurs aux bonnes pratiques :

    • Reconnaître les emails suspects (phishing).
    • Utiliser des mots de passe robustes et un gestionnaire de mots de passe.
    • Ne pas partager d’informations sensibles sur des canaux non sécurisés.

  2. Sécuriser les accès

    Mettre en place des mesures de base :

    • Activer la double authentification (2FA) sur tous les comptes (emails, outils métiers, etc.).
    • Limiter les droits d’accès aux données sensibles (principe du moindre privilège).
    • Désactiver les comptes inutilisés (ex : anciens collaborateurs).

  3. Protéger les données

    Appliquer des mesures techniques simples :

    • Chiffrer les données sensibles (stockage et transmission).
    • Sauvegarder régulièrement les données critiques (règle du 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site).
    • Mettre à jour les logiciels et systèmes d’exploitation.

  4. Sécuriser les outils et le réseau

    Renforcer l’infrastructure :

    • Installer un antivirus et un pare-feu.
    • Sécuriser le réseau Wi-Fi (mot de passe complexe, chiffrement WPA3).
    • Isoler les systèmes critiques (ex : serveurs de paie).

  5. Préparer un plan de réponse aux incidents

    Anticiper les crises :

    • Identifier un référent cybersécurité (interne ou externe).
    • Rédiger une procédure de réponse (qui contacter, quelles actions mener).
    • Tester régulièrement le plan (simulations d’attaques).

3. Les pièges à éviter

Certaines erreurs sont fréquentes chez les PME :

  • Négliger les mises à jour : Les correctifs de sécurité non appliqués sont une porte d’entrée pour les attaquants.
  • Ignorer les sauvegardes : Sans sauvegardes, une attaque par ransomware peut être fatale.
  • Sous-estimer les risques internes : Les fuites de données sont souvent causées par des erreurs humaines ou des collaborateurs malveillants.
  • Se fier uniquement aux outils : La cybersécurité est avant tout une question de processus et de sensibilisation.

4. Des ressources accessibles aux PME

Les PME peuvent s’appuyer sur des ressources gratuites ou peu coûteuses :

  • ANSSI : Le site de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information propose des guides pratiques adaptés aux PME.
  • CNIL : La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés offre des ressources RGPD et des outils pour sécuriser les données personnelles.
  • CLUSIF : Le Club de la Sécurité de l’Information Français partage des retours d’expérience et bonnes pratiques.
  • Cybermalveillance.gouv.fr : Un site dédié aux TPE/PME avec des conseils concrets et une assistance gratuite.

Conclusion

La cybersécurité pour les PME n’est pas une question de budget, mais de méthode et de priorités. En commençant par des actions simples (sensibilisation, sécurisation des accès, sauvegardes), les PME peuvent réduire significativement leur exposition aux risques. Comme le disait Sun Tzu : "La meilleure défense, c’est l’attaque… mais en cybersécurité, la meilleure défense, c’est la prévention."

© IGO Conseil - 01/26

Bibliothèque de références

CNIL – Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés

Le site officiel de la CNIL pour tout savoir sur le RGPD et les guides pratiques de protection des données.

ANSSI – Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information

Ressources et bonnes pratiques en cybersécurité.

CLUSIF – Club de la Sécurité de l’Information Français

Un réseau d’experts de la sécurité numérique.